En marge du festival Ciné Droit Libre 2018, une soirée spéciale sur la liberté d’Internet en partenariat avec l’Association des Bloggeurs du Burkina (ABB) à eu lieu au CENASA le 10 décembre 2018. C’était l’occasion de rencontrer Bassératou Kindo, présidente de ladite association. Sans tabou, elle s’est prêtée à nos questions.  Elle n’a pas manqué de donner son avis sur le festival mais aussi sur la liberté d’Internet au Burkina Faso. Interview

Quelles sont vos impressions par rapport au festival Ciné Droit Libre?

14e édition. D’édition en édition, le festival Ciné Droit Libre ne fait que grandir et s’étend dans d’autres pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali …  je dirai simplement bravo aux initiateurs et organisateurs de cet événement. Ciné Droit Libre reste un cadre de libre expression, d’opinion et de promotion des droits humains.

Que vous inspire le thème de cette année, “justice levez-vous”?

Le thème est très interpellateur, tant pour les autorités judiciaires, les gouvernants et même les citoyens. Il vient à point nommé car cela fait 20 ans, que Norbert Zongo, éminent journaliste qui a ouvert grandement la porte de cette liberté d’opinion dont nous en jouissons aujourd’hui, a été tué. Et depuis cette fatidique date du 13 décembre 1998, le dossier traîne dans les tiroirs de la justice. Des efforts sont faits, mais ils restent insignifiants. Et 20 ans, c’est trop.

Quelles solutions préconisez-vous pour une justice équitable et juste au Burkina Faso?

Il faudra arriver à juger les dossiers pendants en justice. Je pense que l’équité commencera par là. Beaucoup de familles attendent toujours d’être situées sur ce qui est arrivé à leurs parents. L’équité de la justice passera aussi par l’intégrité des juges eux-mêmes. La justice est indépendante et beaucoup de moyens sont mis à leur disposition.

En tant que présidente des blogueurs du Burkina, quelle appréciation faites vous de la qualité de la connexion internet au Burkina Faso?

Elle est plus ou moins appréciable car des efforts sont faits pour offrir une connexion de qualité et accessible aux citoyens.

La démocratie numérique est-elle réelle?

Oui, je le pense car aujourd’hui sur l’ensemble des plateformes numériques, les citoyens ont une liberté de parole, donc de contribution à l’ancrage de la démocratie au Burkina. Des efforts restent, toutefois à faire, mais on peut se réjouir de ce qui est déjà fait.

 Propos recueillis par Danielle COULIBALY