Les portes se sont ouvertes sur la 15e édition du festival Ciné Droit Libre ce 07 décembre 2019 à Ouagadougou. Cette 15e édition est placée sous le thème : « pourquoi la démocratie ? ». Elle est présidée par l’ex président du Faso, Michel Kafando et le professeur Théophile Obenga en est le parrain.

L’ouverture officielle de cet événement, 1 er du genre dans la promotion et la défense des droits humains et la liberté d’expression à travers le cinéma en Afrique a été faite devant un parterre d’invités vénus d’ici et d’ailleurs sous la présidence de l’ancien président du Burkina Faso de 2014 à 2015, le diplomate et homme d’État, Michel kafando. Parmi les invités, on note la présence du ministre chargé de la communication, Rémis Fulgence Dandjinou, le vice-président de l’Assemblée Nationale, Me benewende Stanislas Sankara, des représentations d’autorités gouvernementales, institutionnelles, des partenaires du cdl…

Cette année le festival est placé sous le parrainage du professeur Théophile Obenga, natif du Congo Brazzaville, avec pour thème : « pourquoi la démocratie ? » Une thématique qui se focalise sur la défense et la promotion de la démocratie. Ce thème interrogateur, trouve sans aucun doute tout son sens à une période où l’Afrique traverse de multiples crises de gouvernance, avec une démocratie en danger.

Cette cérémonie a été marquée par plusieurs discours. Pour le coordonnateur du festival Ciné Droit Libre, Abdoulaye Diallo, le festival en 15 ans d’existence a gagné en maturité mais pas sans difficultés et des défis à relever au quotidien pour maintenir le cap. Abdoulaye Diallo tout en remerciant tous les partenaires qui ont toujours œuvrés à leur côté pour la bonne marche de l’événement à rappeler les conditions de la naissance du CDL. L’idée est partie avec deux de ses compagnons engagés qui sont Gideon vink et Luc Damiba.

 

 Un trio gagnant qui au fil des ans s’est dévoué à mener le bateau CDL à bon port. Car 15 ans après, le festival se déroule de manière régulière dans 5 pays de l’Afrique de l’ouest avec l’entrée prochaine de bien d’autres pays dans le cycle et 15 ans après, l’événement s’est beaucoup diversifié à travers plusieurs activités qui ont la confiance et l’adhésion de plus en plus de partenaires et a surtout beaucoup d’impact avec plus de 40 films déjà réalisés. Pour lui, le choix du thème « pourquoi la démocratie ? » se justifie à travers l’actualité sur le plan mondial en général et africaine en particulier, jalonné de mouvements d’humeur, de crises politiques et surtout de préparions d’élections présidentielles dans nombres de pays dont le Burkina Faso. « On voit tout ce qui se passe aux Etats Unis depuis que le président Trump est au pouvoir où il n’y a pas mal de remises en cause de la démocratie pour ainsi dire, on voit les mouvements des gilets jaunes en France et on voit tout ce qui se passe aussi en Guinée des tentatives de modification de la constitution pour rester au pouvoir, ce qui se passe au Burundi, tout ça sous le couvert de la démocratie. On se pose des questions, c’est pourquoi on a voulu faire cette interrogation » pourquoi la démocratie ? « En même temps « qu’est-ce que la démocratie ?  » Pour interpeller et lancer le débat », a expliqué décortiqué la thématique, Abdoulaye Diallo.  

Pour le président de la cérémonie, l’ancien président Michel kafando, c’est un honneur et un privilège pour lui de présider cet événement combien. D’entrée de jeu, Michel kafando a invité le public à une minute de silence à l’endroit de toutes les victimes des multiples attaques terroristes que connaît le Burkina Faso depuis 2016. Il a surtout souligné que « le respect des droits de l’homme et la liberté d’expression constituent les bases fondamentales d’une vraie démocratie, gage de développement d’une Nation ».  Le président de la cérémonie a par ailleurs félicité et encouragé les organisateurs du festival pour les 15 ans de durs labeurs avant de souhaiter plein succès à l’événement.

Pour le parrain, l’acte 15 du Ciné Droit Libre, le thème évoqué pour l’occasion est d’une importance et d’un intérêt capital dans la mesure où « aujourd’hui dans le monde entier le système qui prévaut pour gérer des communautés entières, c’est un peu celui démocratique mais faudra-t-il encore que cette démocratie soit fondamentalement au service des intérêts des peuples et ce, à travers les principes de justice sociale, de liberté d’expression et de l’égalité ». Pour lui la démocratie, « c’est faire tout pour satisfaire le peuple, c’est être en mission pour les intérêts du peuple ».  Sur la question de l’état de la démocratie d’une manière générale en Afrique, le professeur a souligné que les statistiques en la matière diffèrent d’un pays à l’autre et le plus important est que l’ambiance générale est que l’Afrique a préféré le mode de la démocratie… pour lui la démocratie est en construction en Afrique : « nous faisons les choses avec notre éducation, notre personnalité, notre culture,  nos mentalités, nos valeurs et donc les choses  ne tombent pas du ciel parce que nous avons nos qualités et nos défauts. Il faudrait que nos qualités prévalent sur nos défauts et notre dévouement soit pour le fonctionnement intègre de la chose publique ». Selon Obenga, ce qui se passe dans son pays le Congo Brazzaville, notamment la révolte de la jeunesse est normale du fait qu’elle se sent dépourvue de perspectives, avec la mal gouvernance, le manque d’emploi, etc. Il interpelle la jeunesse africaine à l’union des forces pour une Afrique qui gagne.

 La plupart des festivaliers se dit satisfaite de la pertinence du thème qui coïncide avec l’actualité et de la richesse des activités de cette 15e édition du CDL à l’exemple de Serge Bayala, qui estime que « Ciné Droit Libre est une vitrine pour d’expression sur les questions les plus insoupçonnées et sur des sujets qu’on se dit que c’est définitivement clos. Et c’est où ce festival dit, interrogeons la démocratie, questionnons la démocratie pour voir si elle n’a pas de limite et voir quelle urgence il y  a à la refonder pour qu’elle puisse créer plus de bien être que de créer des successions de chefs d’État à la tête de nos nations qui se succèdent, qui se ressemblent et la gouvernance reste intacte ».

Outre les discours, la cérémonie a été marquée par le film d’ouverture » qu’est-ce que la démocratie », un film documentaire de 107mn de la Canadienne Astra Taylor suivi de débats avec le professeur Théophile Obenga. Un débat qui a suscité tout l’intérêt du public. Les festivaliers ont également bénéficié de prestations artistiques et visité des stand d’exposition, suivi la performance de dessins sur le thème de la démocratie et vécu un concert live avec l’artiste sydyr et la troupe Dewoura Pilaga avec l’artiste humoristique Zongo comme maître de cérémonie.

 Les activités de la 15 e édition du festival Ciné Droit Libre se poursuivent   à travers des projections  de films suivi de débats, des séminaires, des Masters Class, des concours débats, des concerts,  de l’humour  sur plusieurs sites tels que : l’espace Gambidi, l’Institut français, institut Goethe, l’Université Ouaga 1,  les cités  universitaires, les lycées et collèges, le terrain omnisport de l’arrondissement 10 juxtaposant le lycée newton, la MACO et les quartiers non lotis  et ce, jusqu’au 14 décembre 2019.

Rosalie KONKOBO